L’insoutenable légèreté de l’angoisse

En attendant que la énième canicule nous arrive, je me suis toujours demandée comment les gens, vous et moi, arrivaient à recaler leur train-train quotidien, à suivre un emploi du temps qui obéit aux injonctions de travail, de la famille, etc. Nous vivons dans un monde de plus en plus inconfortable et nous vaquons de désolation en désolation, comme si rien n’était.

Il nous est difficile de nous accorder au néant, ceci dit. Il est donc primordial que nous nous rabattions sur des schémas connus, soi-disant nécessaires. C’est cela ou plonger la tête la première dans un océan d’angoisse. Sauf que celle-ci survient, elle vous saisit, elle s’attache à vous, comme une ombre portée… et alors rien n’y fait, elle devient l’amante indésirable. Elle vous accompagne, chemin durant, sans que vous puissiez la mettre de côté. Et au fil du temps, vous avez oublié quel était l’objet de cette angoisse. Elle est ce point saillant, l’ultime objet d’un ressentiment, d’une peur ou d’une colère. Qu’importe, elle est un souffle léger qui vous colle aux basques comme un mauvais chewing-gum.

Alors face à cette insoutenable légèreté que faire ? Oui que faire pour éviter qu’elle nous paralyse définitivement, nous sidère ou nous accable définitivement ? On peut crier et pousser un long cri primal. On peut ne plus se plier aux injonctions quotidiennes et sortit du train-train imposé. On peut se dire que faire preuve d’empathie et de solidarité nous soulagera collectivement. Elle eput devenir ce carburant universel qui nous poussera vers une incroyable légèreté de notre être.