Aujourd’hui, j’ai lu un article qui m’a touché particulièrement, celui de Louis Derrac. On se croise sur les Internet avec Louis depuis une poignée d’années. Que ce soit au sein du Mouton Numérique ou sur les réseaux sociaux. Et pourtant nous nous sommes jamais rencontrés physiquement. J’ai toujours admiré chez Louis son infatigable énergie à promouvoir un numérique alternatif et écologiquement acceptable et même si parfois, nous avons eu des échanges un peu vif car je n’étais pas d’accord, l’essentiel était là : nous sommes d’accord sur le fond et nos différences ne sont que le reflet de nos personnalités et de nos parcours de vie.
Cet article m’a touché car il pose une question fondamentale sur notre positionnement individuel face aux dérives profondes et inquiétantes vers lesquels certains dirigeants nous mènent. Faire sa com’ dans ce monde fractionné alors qu’à quelques milliers de kilomètre, des femmes et des enfants se font littéralement massacrés, on peut se poser des questions sur notre propre indifférence et à continuer notre vie comme si rien n »était, comme si ça ne touchait pas…
Très honnêtement, lorsque le 7 octobre est advenu et connaissant un peu cette région du monde, ma première réflexion a été de me dire : la réponse d’Israël va être terrible et ses dirigeants vont transformer Gaza en parking. Parfois, j’aimerais ne pas avoir raison. Ce qui se passe au Liban et en Iran me touche d’autant plus que par mes origines, ce sont des frères et des soeurs que je vois mourir.
Dans ces conditions, faut-il continuer à communiquer sur les réseaux sociaux, écrire cet article, prendre position (sachant que ceci est vain, tant ça n’aboutit pas à une action concrète aux contacts physiques des gens)… En fait on devrait réfléchir nous-mêmes à notre propre rapport aux écrans, avant d’être technocritique et surtout aller à la rencontre des personnes, physiquement;
A l’instar de Louis, je ne suis pratiquement plus sur les réseaux sociaux. Dernière action en date, je ne m’exprime plus sur Linkedin depuis deux ans. Je papote un peu sur Masto et j’ai ouvert un compte sur Bluesky sans y participer et pour y constater que ça jacasse énormément là-bas, comme sur Twitter. Ce réseau souffre d’être une plateforme américaine privée dont l’objectif est d’être rentable, à termes. Les environ 40 millions d’utilisateur.ice.s de Bluesky court après un paradis perdu, celui de retrouver l’ambiance de Twitter, aussi imparfaite qu’était déjà cette plateforme.
Il est donc temps de prendre encore plus de recul, de se désintoxiquer complètement des RS et de reprendre le militantisme de terrain, en allant voir les gens… et de commencer réfléchir à comment nous autres citoyen.ne.s de toute origine, reprenions le pouvoir, à nous débarrasser des partis politiques qui ne représentent plus qu’eux-même. Réfléchissons à ce qu’un vaste mouvement citoyen émerge pour construire une société plus juste. Utopique ? Non, ce pays possède un réseau associatif d’une grande vitalité, il suffit que nous nous connections les uns et aux autres, à nous parler. Alors ce ne sera pas simple, beaucoup d’embûches nous seront tendues et nous aurons quelques obstacles à franchir, dont plusieurs Mont Everest, mais j’y crois fondamentalement. C’est même, je pense, notre seule voie de survie pour éviter la prophétie de 2027.
Les copain.e.s, la vie est ailleurs, on y va ?