Notes de veille

Dans mes onglets

Comme tout à chacun.e qui fait une veille conséquente, j’ai toujours un milliard d’onglets ouverts dans mon navigateur. Dans 90% des cas, ils ne sont guère intéressants et finissent dans les oubliettes de ma mémoire, d’autres sont mis dans mon Wallabag (ma plateforme de Read-it later personnelle).

Cette semaine, quelques articles et un projet a retenu mon attention.

Commençons par le projet. C’est celui de Jules Xenard, journaliste indépendant, qui a conçu une carte du déni climatique à partir de l’application open-source C*sma. Ce travail met en lumière la nébuleuse climato-dénialiste francophone et les relations qu’elle entretient dans cet entre-soi. Rien de bien étonnant à y retrouver une bonne frange de l’extrême-droite française mais aussi d’autres acteurs dont nous sommes moins familiers. Un travail sérieux et de nécessité publique.

Si vous suivez, comme moi, d’un oeil inquiet l’évolution de la géopolitique internationale, il peut être parfois difficile de s’y retrouver tant les experts expertisent beaucoup, sans pour autant éclairer les citoyen.ne.s que nous sommes avant tout. Dans le cloaque informationnel actuel, et si je peux me permettre un conseil, évitez les chaînes d’information en continu, leurs analyses sont souvent au ras-des-pâquerettes. Donc comme toujours, dans ces situations extrêmement tendues, autant faire le petit pas de côté, pour reprendre son souffle et surtout s’oxygéner l’esprit. Très franchement, toute cette séquence bien masculiniste, à celui qui montrera le plus ses muscles, on a envie de tous les envoyer sur Mars. Il est peut-être probable que cette semaine à Davos, nous ayons vu naître (enfin !) le début de l’Europe politique. Même si les Etats-Unis est la première puissance militaire au monde, nous, les Européens, les avons battus tactiquement en re-déployant nos troupes aux points névralgiques du Groenland. Du coup, rétropédalage de Trump. Mais au-delà de tout cela, deux interventions notables sont à souligner. La première est le discours à Davos, du Premier Ministre Canadien, Mark Carney, qui, en citant le remarquable essai de Vaclav Havel, Le pouvoir des Sans Pouvoir, nous indique très clairement le chemin que devons prendre, celui de la résilience et du non-alignement. Et paradoxalement, toute cette séquence nous aura fait comprendre à nous autres Européen.ne.s, qu’à l’instar des pays du sud que nous avons colonisés et exploités sans vergogne, nous pouvons aussi être l’objet de prédation. Si la guerre en Ukraine nous en a donné un aperçu, le fait que notre principal allié devienne un de nos prédateurs, oblige l’Europe à peut-être regarder son histoire (coloniale) et à se repenser en tant que puissance moyenne aux pouvoirs limités à ses frontières.

Par ailleurs et en bref